Tyson
comme aux plus beaux jours
Mike Tyson avait promis un KO à son entraîneur.
L'Américain a tenu sa parole en expédiant son
compatriote Clifford Etienne au tapis après 49 secondes
de combat, samedi à Memphis (Tennessee), un peu comme
aux plus beaux jours du roi des lourds qu'il fut.
A
36 ans, Tyson a signé la sixième victoire la
plus rapide de sa carrière, plus vite encore que contre
Michael Spinks (91 secondes) lors de son règne en 1988.
Tout comme Spinks, Etienne a payé pour avoir choisi
de se jeter dans la bataille,Le combat interrompu un bref
instant par une chute des deux hommes enlacés, reprend
sur le même rythme furieux, la victoire dont Tyson avait
déseperemment besoin pour assurer son avenir s'offre
à lui sous la forme d'un énorme contre du droit
qui abat Etienne comme une crêpe. Bill Glancy, l'arbitre,
le compte mais il n'y a aucun doute Etienne ne se relèvera
pas.
Expéditive,
la victoire n'en est pas moins logique. A l'expérience
de Tyson et son passé animal, Etienne ne répondait
que par 24 victoires d'un palmarès "pro"
vieux de cinq ans, entrepris après dix années
passées derrière les barreaux.
Alors
que Tyson se disait "plus confiant que l'an dernier",
il laissait tout de même planer le doute sur une rapide
revanche avec le Britannique Lennox Lewis, l'homme qui l'avait
humilié (KO 8e), ici-même en juin dernier.
"J'ai
besoin de deux ou trois combats, probablement deux, assurait
"Iron" Mike. Les boxeurs ont besoin de rester actif,
de disputer des rounds. Si je n'ai pas deux combats de plus,
je ne peux pas battre un boxeur comme Lennox Lewis. Je n'ai
pas envie de me faire encore corriger".
Comme
pour faire douter un peu le camp Lewis, qui a préféré
attendre le résultat de Tyson que défendre son
titre WBC face à l'Ukrainien Vitaly Klitschko. Ce dernier
aurait d'ailleurs engagé une action en justice pour
faire respecter son statut de challengeur obligatoire du Britannique.
Les
négociations, principalement sur le partage du gâteau
généré par une éventuelle revanche
Lewis-Tyson, pressentie pour le 21 juin, vont aller bon train
durant les semaines à venir. Leur première confrontation
leur avait rapporté chacun au moins 20 millions de
dollars (autant d'euros).
Les
dollars qui sont d'ailleurs la principale préoccupation
de Tyson, dont la bourse de 5 millions de dollars ne suffira
pas à payer toutes les notes en cours. "Il (Etienne)
avait besoin d'argent, j'ai toujours besoin d'argent",
disait-il pour expliquer sa présence après un
forfait annoncé lundi dernier.
Cette
50e victoire a certainement ravivé la flamme chez des
supporteurs qui avaient sombré dans le scepticisme
après la défaite contre Lewis. Mais Tyson ne
leur a pas laissé le temps de juger de sa forme.
Au
contraire, il a surpris tout le monde en écartant l'hypothèse
du rhume, pour parler cette fois de "dos cassé"
suite à un accident de moto, afin d'expliquer la préparation
perturbée sur le final et marquée par la pose
d'un tatouage facial.
Il
a en revanche convaincu son entraîneur Freddie Roach,
qui avait finalement accompagné Tyson sur une promesse
de KO. "Je pense qu'il peut le (Lewis) battre mais il
faudrait pour cela qu'il retourne immédiatement au
gymnase", déclarait Roach.
ETIENNE
: Je ne peux pas dire que j'ai été bon, mais
nous étions deux guerriers sur le ring" dira Etienne,
choisi comme adversaire pour son menton bien fragile. "J'ai
fait ce que j'avais à faire, j'ai tenté ma chance
et il m'a touché avec un bon punch" ajoute-t-il.
On lui demande ce qu'il a dit à l'oreille de Mike après
le KO "Je lui ai juste dit : à
l'avenir de se concentrer sur ses combats sans faire monter
la pression. S'il est bien entraîné, il redeviendra
champion du monde"
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