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Dans un combat qui a tenu toutes ses promesses, Oscar De La
Hoya (35-2, 28 KO) a
su imposer sa science de la boxe et faire revivre l'atmosphère
spéciale qui accompagne les grandes soirées de boxe à travers
le temps. Devant une salle du Mandalay Bay comble (11.500
spectateurs équitablement partégés en deux camps), De La Hoya
a su tout d'abord résister à la furia de Fernando Vargas,
(22-2, 20 KO) avant de la maitriser puis, tel un
toreador, achever son rival, avant de dédier son succès "au
peuple Mexicain et à sa femme".
A la fin
de la dixième reprise, De La Hoya était en tête pour deux
des trois juges (96-94 et 96-94 contre 97-94). Avec cette
réunification de titre (WBC et WBA), le Golden Boy retrouve
la reconnaissance des spécialistes et le statut de super-star
dont il s'était éloigné depuis quelques combats. En bien meilleure
condition physique que lors de ses précédentes sorties, De
La Hoya n'a cherché son second souffle qu'au 9ème round, retrouvant
ensuite ses accélérations dès la reprise suivante.
Mais auparavant,
Fernando Vargas, encouragés par Julio
Cesar Chavez et les chants puissants de ses partisans,
avait pris le combat à son compte dès la première reprise.
Un contre au corps déstabilise De La Hoya en fin de reprise,
la violente série qui suivit allait ensuite le marquer durement
à la pommette droite. Au fil des rounds, l'avantage allait
d'un homme à l'autre, De La Hoya tentant d'imposer son jab
et de garder sa distance alors que Vargas impressionnait par
sa puissance. "C'est vraiment un très gros frappeur, il a
fallu que je sois patient, que je travaille au corps avec
beaucoup de feintes." confie le Golden Boy après le combat,
"Sa force m'a vraiment surpris, au début je me suis dit il
est trop fort pour moi ! Mais quand j'ai vu que j'arrivai
à le faire taper dans le vide, je savais qu'il allait se fatiguer."
Vargas
trouve pourtant régulièrement sa cible, et DeLa
Hoya se sert de ses jambes pour ne pas rester dans sa ligne
de mire. Le Golden Boy est plus rapide et surtout travaille
sur plusieurs coups alors que Vargas cherche en permance le
coup dur sans tenter d'enchaîner. La main gauche bien basse
de De La Hoya est un défi tentant, mais ses retraits du buste
lui permettent de compenser habilement. Pas assez, en tout
cas, pour éviter trois droites de plein fouet au 5ème round,
qui le secouent assez pour lui faire passer quinze dernières
secondes bien difficiles. "Il est à toi maintenant, il peut
abandonner, tu l'as eu" dit alors Eduardo Garcia (son manager)
à Vargas.
Mais,
dans les reprises suivantes, c'est De La Hoya qui va montrer
sa vaillance, imposer son direct du gauche (dont la répétition
finira par ouvrir la pommette droite de son adversaire) et
finalement user progressivement Vargas. C'est à son tour en
guerrier que le Golden Boy touche avec sa droite, seuls deux
lourdes droites au corps redonneront un avantage provisoire
à Vargas au 9ème round.
Provisoire,
car un maître crochet gauche au menton
le sonne littéralement vers la fin du 10ème round,
ses jambes lâchent mais le gong résonne et le sauve. Car le
combat est fini, seul Vargas ne le sait pas. De La Hoya le
guette et à la première occasion assène un nouveau crochet
gauche voie son rival s'effondrer lourdement sur le dos. Relevé
au compte de huit il encaisse un déluge de coups sans pouvoir
se défendre et l'arbitre Joe Cortez s'intepose logiquement.
Oscar
De La Hoya reçoit les bravos de la foule avec délectation,
il a montré que lui aussi avait du coeur (mais qui ne le savait
pas?) et que lui aussi pouvait encore se transformer en guerrier.
"Je peux aussi frapper, beaucoup sont surpris quand il sont
en face de moi sur le ring. Ils croient que je ne suis pas
assez fort ni rapide mais je peux frapper c'est sûr" déclare
De La Hoya, "Il a dit beaucoup de trucs sur moi que je n'ai
pas appréciés. Il fallait que je lui donne une leçon" dira-t-il
encore.
Les
statistiques officielles créditent De La Hoya de 281 coups
portés contre 227 à Vargas.
Bob Arum, promoteur aux anges, affiche un sourirte épanoui
"Nous allons voir qui Oscar va maintenant rencontrer, ce peut
être Tito Trinidad s'il le veut, Shane Mosley ou encore le
champion IBF Winky Wright." déclare-t-il ajoutant ensuite
que même Vargas s'il veut sa revanche ou encore Vernon Forrest
le champion des welters ou Bernard Hopkins le champion des
moyens sont des adversaires envisageables. Vargas a quitté
le ring sans faire de déclaration, il a ensuite été dirigé
sur l'hôpital pour observation
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